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Note d’intention du réalisateur Ishrann SILGIDJIAN

L’homme qui réfléchit

Un homme, traverse quelques bouts de mondes un miroir sur le dos. Une réflexion s’opère malgré lui, dans son dos, réflexion variable suivant la nature du miroir qu’il transporte, tantôt rigide, tantôt souple, tantôt opaque tantôt translucide. Le déplacement de l’homme, de la réflexion, et du cadre qui les contient tous deux nous révèle progressivement un paysage dans lequel la ville, l’urbain, l’industriel rencontrent la nature.
En suivant les anfractuosités créées par l’entrée de la mer dans les ports, ce cadre emporté dans un mouvement continu, dessine progressivement une cartographie sinueuse de cette rencontre de l’eau avec la terre, de cet entremêlement complexe dans lequel la mer creuse des sillons dans la ville.

Mais notre miroitier peut aussi être témoin de cette rencontre de la construction humaine avec la vitalité naturelle en errant sur le parking désaffecté d’une usine d’automobiles où la végétation reprend progressivement ses droits ou lors d’une déambulation nocturne dans les rues désertes d’une jolie ville de province.

Comment filmer le paysage, comment capter la vie qui nous entoure, comment partager une expérience contemplative par des images en mouvement ? Il m’est apparu que pour entrer dans le paysage nous avions besoin d’un personnage avec lequel s’identifier afin de pouvoir découvrir un environnement à travers lui, à travers ses yeux. Notre miroitier agit donc comme un double révélateur, il nous fait partager son parcours tout en créant à son insu une nouvelle image dans son miroir, un nouveau cadre dans le cadre, une image qu’il ne contrôle pas et qui est bien souvent extérieur au cadre délimité par l’optique de la caméra. Par sa simple présence, le miroitier démultiplie les points de vue au sein d’une même image.

En écoutant la musique de Filiamotsa, j’ai très vite été captivé par ce déploiement de nappes sonores de différentes textures, souvent très organiques qui viennent rencontrer une rythmique beaucoup plus structurée, cadrée. Rencontre du souple et du rigide, du dur et du mou, du vertical et de l’horizontal, du fragmenté, et de l’étendue.

En réponse à ces nappes , une idée de continuité, de non-fragmentation, s’est très vite imposée, conduisant à imaginer une caméra sans cesse mouvante et un personnage sur roues, glissant sur le sol, patinant sur ses rollers, au sein d’un paysage parfois chaotique ou, au contraire, très cadré, ouvert sur la mer ou fermé de manière très géométrique et rigide par les constructions qui peuvent nous faire face.

Le réalisateur :

Ishrann Silgidjian est etalonneur et directeur de la photographie et travaille régulièrement sur des projets faisant se rencontrer image et musique, que ce soit à l’opéra ou au travers de réalisations de courts-métrages musicaux. Il s’intéresse particulièrement à la relation que le cinéma peut entretenir avec les autres arts, en particulier la danse, la musique et la peinture.